#Extrait 60

C’est souvent lorsqu’elle s’offre une marche dans les rues de la ville que Marthe trouve des sources d’aspirations car il lui suffit de descendre simplement dans la rue, de se noyer au mouvement des passants pour être au cœur de la vie humaine et l’observer. Voilà pourquoi Marthe est profondément citadine : la campagne ne revêt pas suffisamment de possibilités de croiser des gens, il n’est pas possible d’observer les relations sociales qui les tissent entre eux, de même que de baigner dans cette effervescence humaine étourdissante – pour elle qui est si vide – qui est, pour Marthe, synonyme de ville et de vie, de vivacité, d’activité, d’hyperactivité, de bouillonnement, d’émotions jaillissant en tous sens. Elle ne pourrait pas se passer de ce bouillonnement trop longtemps, quand bien même elle y soit étrangère. Et même s’il est certes parfois source de stress et de fatigue (suractivité, concentré d’émotions diverses dans une seule rue, nécessité de dominer son empathie), parfois dévastateur même, mais ô combien vivifiant, comme une plongée au cœur de l’humain dans toutes ses nuances, bienfaisantes et destructrices, tout comme la vie.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

Ici, il s’agit d’un extrait de mon roman Echoes

Publicités

#Extrait 42

J’y suis. Ça y est. Moi qui fuis toute présence humaine, suis maintenant happé dans cette circulation piétonne, déboussolé. Je suis le sens unique auquel obéissent ces personnes sur l’asphalte, sans en prendre conscience ; leur fonctionnement est ainsi : discipliné. Le trottoir de droite réservé au sens aller, celui de gauche, au sens retour. Je suis une pirouette ballotée, me retrouvent incessamment dans le sens inverse, percuté, replacé alors dans leur impulsion, puis de nouveau désorienté. Je fais soudainement parti de cette animation sans comprendre sa logique : étranger parmi les fous.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

Ici, il s’agit d’un extrait de mon roman Fantômes

#Extrait 32

La voilà. Elle presse le pas en crescendo, et se heurte à un homme large d’épaule avec un attaché-case. Typique. Elle est nerveuse aujourd’hui, sa démarche est saccadée, névrosée, tremblante. Des poches se creusent sous ses yeux, ses cheveux sont en bataille, signe d’une soirée de déprime finie au vin rouge. Elle a la mine des mauvais jours, ces jours où elle déteste tout le monde. Les gens qui la croisent, la considérant avec trop d’insistance ou ne la voyant simplement pas, ont droit à l’exécution sommaire d’un seul regard. Tous sont la cause de ses maux. Elle ouvre la portière violemment, la poignée résiste, pour cette fois, et s’assied lourdement sur le siège passager. Elle m’examine en tentant de m’offrir à son tour un faible sourire. Elle sait que je sais, que je la connais par cœur et que je déchiffre sur son visage, les signes d’une nouvelle phase de dépression. Et cette œillade insistante est là pour me dire : ne pose aucune question, ne dis rien.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…