Continuer

Un refus. Bon, eh bien, il faut poursuivre (de toute manière je n’ai pas le choix), continuer de proposer ses manuscrits, continuer d’essayer de le partager et surtout, bien sûr, continuer d’écrire. Mais, de ce côté-là, la question ne se pose même plus : écrire est mon état, écrire est ma trace et mon impact. Et puis, si je le souhaite, partager peut être beaucoup plus facile : il y a le développement de l’auto-édition, des plateformes web qui permettent de publier directement, où les seuls juges sont les lecteurs. Et puisque c’est de toute façon à eux que je m’adresse… Mais je dois bien avouer qu’il y a une forme d’orgueil et d’aspiration à la réussite. On a beau être lucide, savoir que la quête est vaine, qu’elle n’est pas la seule possibilité de laisser une trace de soi (d’autant que ce qui laisse une trace ce n’est pas soi mais le texte) dans le monde, mais on a tellement lu d’auteurs publiés, on a tellement envie de faire partie de ce club : encore cette éternelle quête de légitimité quoiqu’on en dise, n’est-ce pas ?

La quête est sans fin, elle est moteur, quelques pixels d’aveuglement parsemés dans la vision ne font pas non plus de mal, tant qu’ils sont mesurés.