Les livres sur l’écriture

On dit : à quoi bon lire des livres sur l’écriture ? N’est-ce pas un peu autocentré ? Et qui cela intéresse-t-il de savoir comment s’est fait l’accouchement ? Ça n’intéresse que les écrivains.

Je crois plutôt qu’il s’agit d’un partage d’expérience de vie, au même titre qu’un témoignage, qui, comme toute expérience de vie, peut être intéressante pour peu qu’on s’attarde sur ce qu’elle fait résonner en nous.

Partager son expérience d’écriture, c’est écrire un livre sur l’accouchement : tout le monde ne sera pas amené à vivre l’expérience mais c’est intéressant de savoir comment les choses fonctionnent. Ces auteurs ne nous parlent de rien d’autre. Il y a là quelque chose d’universel, de la vie, de l’humain, une essence.

Les livres sur l’écriture que j’ai pu lire m’ont personnellement toujours beaucoup apporté en tant qu’auteur moi-même mais aussi en tant qu’être : une réflexion sur la vie. Ecrire c’est avant tout être ouvert, curieux, intéressé. Ecrire, c’est vivre.

Partager son expérience d’écriture, tenter de décortiquer ce processus en soi et le partager aux autres, c’est apporter un témoignage.

Ecrire c’est être parent et en tant que parent c’est aussi être confronté à des doutes : est-ce que j’apporte suffisamment à mon enfant ? A-t-il suffisamment de bagages ? Est-il prêt à prendre son indépendance ? Est-ce que je ne vais pas avoir une influence néfaste sur lui à force de le couver et de le protéger ? L’écrivain se pose exactement les mêmes questions. Et c’est peut-être même parfois plus difficile pour lui car l’enfant de l’écrivain est un être immatériel qui ne prend consistance que dans l’esprit des lecteurs qui le liront. On ne peut alors que parier sur une orientation plutôt qu’une autre.

Ce blog est aussi pour moi une manière de ne pas rester isolée dans ces questionnements car je sais que chacun peut être amené à se poser des questions : quelle est ma place dans la vie ? Qui suis-je ? Quelle est ma part de créativité, mon apport dans le monde ? Ce n’est pas le genre de questions auxquelles on trouve une réponse seul, isolé dans la pénombre d’un bureau, à griffonner des centaines de feuilles.

Ma propre expérience me dit de partager (cela n’engage donc que moi et d’autres écrivains ne seraient pas d’accord, je les entends déjà), mon écriture s’est développée lorsque j’ai commencé à l’ouvrir aux autres. Elle a pris de l’ampleur, de la consistance.

J’ai commencé à écrire des fictions vers l’âge de quinze ans et j’ai, d’aussi loin que je me souvienne, toujours entretenu un journal intime. J’ai écris près de dix ans sans partager ce que je pouvais extirper de mes entrailles sur le papier. En fait, non c’est faux, je l’ai bien fait lire à deux ou trois personnes proches : mon amie L., mon père d’adoption, ma belle-mère. Je faisais la lecture à L. tandis qu’elle fermait les yeux pour s’imprégner du texte et le dessiner dans sa tête, avec ses propres coups de pinceaux. Elle m’encourageait, elle était très touchée de ce que je pouvais lui lire.

Bien que nous soyions encore en contradiction à l’époque, j’ai aussi fait lire à mon père d’adoption car je sentais qu’il était capable d’avoir un regard objectif mais aussi la sensibilité nécessaire pour me soumettre sa lecture de mes toutes premières nouvelles. Il y a quelques mois, toujours en train de fouiller dans mes anciens carnets, j’ai retrouvé par hasard la critique qu’il m’en avait fait par mail. Un retour très simple mais sincère qui m’a confirmé encore que je devais m’engager sur la voie de l’écriture. Il me confiait que mes nouvelles lui avaient permis de retrouver le goût de sa propre jeunesse. Il m’offrait un merci pour cet instant de lecture que je lui avais procuré. Le reste du contenu de ce mail, je le garde précieusement au fond de moi, pour toujours. J’avais eu besoin à cette époque d’un soutien, doutant encore trop de ce que je pouvais apporter.

Peu à peu, j’ai ouvert à mon entourage : mon frère, assez tôt, mon compagnon, des amis proches, des connaissances. L’ensemble de ces partages m’a énormément apporté et je ne saurais comment remercier ces personnes qui ont pris le temps de me lire et de revenir vers moi en me fournissant une critique ou un simple ressenti. Mon écriture, en conséquence, a fait des bonds de géants.

Voilà pourquoi je fais part de mon expérience ici. Peut-être ne parlera-t-elle à personne, peut-être fournira-t-elle quelques pistes à une poignée de personnes, c’est en tout cas ma façon de concevoir l’écriture et les échanges humains : donner simplement, apporter des pistes, attraper des pistes, et qui voudra/pourra les approfondir et/ou venir m’en parler, la porte est ouverte.

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La voix au chapitre

Avant, j’écrivais dans l’urgence d’un besoin. Afin d’extraire quelque chose de moi que je voulais voir à l’extérieur. Ça c’était l’aspect « journal intime » de mon travail, mais ça ne s’arrête pas là, ça a continué. C’est tout le processus ensuite qui se met en place pour créer des personnages, un contexte, une histoire – quoique je n’aime pas ce terme puisque mes livres n’ont pas toujours de trame, ils livrent l’expérience sensorielle et émotionnelle du personnage. C’est de ce processus que naissent les écrits qui deviennent art : ils ne sont plus moi, ils sont l’expression artistique d’une perception qui, à la base, venait de moi.

Lorsque j’exprime ce processus, certaines personnes comprennent instinctivement, d’autres me regardent avec une forme de dédain : « Arrêtes ton char, avoue que tu parles de toi dans tout ce que tu écris. C’est de l’autobiographie, pas de la fiction ». Ceux-là, je ne cherche pas à leur expliquer, ils ne comprennent pas quel que soit mes arguments ou l’expérience que je leur expose : « C’est juste un nuage d’illusions que tu te crées pour te persuader que ce n’est pas de toi dont tu parles et ton besoin de croire que tu as un don ». Et pourtant, aujourd’hui, il y a ce blog, je n’ai pas perdue l’envie de partager l’écriture. Ce blog, n’est-ce pas de ma part un moyen d’avoir voix au chapitre sans être interrompue ? Il y a peut-être de ça.

La voie de l’invisible

C’est étrange. Il y a quelques années encore, même peut-être un an, je parvenais à parler de mon écriture à n’importe qui. Avec les amis nous nous lancions dans des grandes discussions sur l’écriture, je parlais de ce que j’étais en train d’écrire, de certaines scènes de mon roman. Désormais, la voix se bloque. Je ne sais plus comment exprimer avec des mots ce qui s’est passé lors de mon dernier face à face avec l’écriture. J’ai l’impression que vient un moment où l’écriture n’est plus partageable. Y’aurait-il une limite au partage ?

Cela me frustre. Je cherche l’attention de mon entourage alors même que je ne parviens pas à leur exprimer ce qui est essentiel. J’en reste à des constats : le roman avance bien, déjà plus de deux pages, je devrais avoir fini le premier jet avant la fin de l’année, des choses comme ça. Mais plus de détails, plus de précisions. Et l’ami demeure dans l’attente un moment avant que la discussion ne dérive vers autre chose.

Le silence. J’ai toujours craint le silence. Mais je dois bien admettre que, de plus en plus, j’y trouve aussi une certaine forme de repos et d’attirance.

C’est que je visualise un énorme potentiel à travers tous ces projets d’écriture qui ne font encore que se mettre en place. J’entraperçois par exemple que Echoes va être un roman d’une force exceptionnelle. Pas parce que c’est moi qui l’écris (je n’en suis plus là, à cet orgueil de croire que j’y suis vraiment pour quelque chose) mais parce qu’il a une force qui m’oblige moi-même à le poursuivre, une force vitale, tranquille et capable de s’étendre dans la durée.

C’est peut-être cela finalement : après avoir cru quelques temps que je pouvais avoir un poids dans l’édifice, je constate de plus en plus combien l’édifice se construit de toute façon, avec ou sans mon aide. Je constate que mon travail pour placer l’œuvre au centre de l’artisanat pour lequel j’ai tant transpiré, j’ai tant donné, a abouti à mon annihilation. C’est peut-être de ça que parle aussi Liscano, ce constat qu’il fait lui-même de sa propre invisibilité. On est écrivain mais finalement on est rien : c’est le livre qui compte, c’est lui qui sera au centre des attentions et qui demeurera.

« Je. Qui ça ? » écrit Beckett dans L’Innommable. Je. Qui ça ? Puisque écrire c’est faire l’expérience d’une impossible coïncidence avec soi. Puisque écrire c’est éprouver que cette parole qui émerge et que j’écris est à la fois la mienne et pas la mienne, qu’elle ne se laisse pas aisément identifier bien qu’elle en dise plus long sur moi, sans doute, que je ne le voudrais. Parce que, voilà, je suis sûre de mon âme (hélas), de mon métier, je me reconnais à peu près dans les sentiments et les convictions que j’exprime dans la vie courante, mais lorsque j’écris, une part de moi ne se laisse pas cerner, je suis prise de doute. Je. Qui ça? Et ce doute contamine en même temps ma vision tout entière du monde (ce doute dans lequel se glisse, par bonheur, la fiction) (Salvayre, Lydie. « Pour un engagement voluptueux » in Assises du roman, P. 40-41).

L’innommable, c’est peut-être moi en définitif, celui qu’on ne nomme pas, le travail en sous-main qui a contribué mais qu’il n’est plus utile de citer.

Peut-être le temps du fanfaronnage et de la mise en avant est-il révolu. « Tu parles, tu parles », semble me dire mon écrivain, « en attendant, c’est moi qui trime, un jour tu te tairas ».

Mais je sais que ce n’est pas seulement ça. A un moment j’ai commencé à construire un personnage, celui qui écrit. Peu à peu ce personnage s’est emparé de tout et a écrasé l’autre. Il l’a tellement écrasé qu’à présent l’autre n’a plus de place. Tout ce qu’il peut faire, dire, ne pas faire et ne pas dire aura à voir avec le personnage, et non avec l’autre, celui qui est écrasé, en silence […]. (Liscano, Carlos. L’Ecrivain et l’autre. P. 35-36).

C’est encore une histoire de renoncement. Je crois avoir tout récemment accepté que je ne sois, de toutes les manières que je puisse tenter pour contrer cette vérité et à la fois l’incrémenter, rien d’autre que de l’écriture. J’admets désormais face aux autres, non sans une certaine forme de rébellion même devant leur incompréhension, que je ne suis plus rien sans écriture, que je suis écriture et qu’ils ne cherchent pas à me trouver un autre état, une autre façon d’être au monde.

Pourquoi cette forme de rébellion d’ailleurs ? Pourquoi avoir besoin d’affirmer cela aux autres ce qui est devenu si évident pour moi ? Peut-être parce que je suis allé trop loin sur ma voie pour eux, que nos chemins sont devenus nécessairement parallèles à partir d’aujourd’hui, depuis que j’ai renoncé à être autre chose, depuis que je ne me débats plus avec mon écrivain, qu’il m’a entièrement consommé, mais que les autres cherchent encore à communiquer avec quelqu’un qui n’existe plus.

Il y a aussi que j’entrevois avec de plus en plus d’acuité visuelle tout l’édifice qui se construit lentement. Il y a eu un premier roman, puis un autre, encore un autre en route et un autre en train de germer, il y a tous ces fragments sur l’écriture, ce travail quotidien. Et je suis encore la seule à pouvoir le deviner, à voir que chacun de mes projets est une pierre de plus à l’édifice mais que seul peut-être dix pour cents de l’édifice est à ce jour abouti. Il est difficile (je n’ose dire impossible, je me laisse l’espoir du possible) d’exprimer aux autres toute la portée possible, je suis la seule à pouvoir anticiper, à avoir suffisamment de clés en main, des clés fantomatiques, fantasmées, immatérielles ; je ne peux pour le moment presque rien leur offrir de palpable.

Je pense aussi à cet ami écrivain qui m’a répondu il y a quelques jours à mon email pour reprendre contact avec lui, prendre des nouvelles de lui et de son travail. Je pense à ce qu’il m’a répondu et qui m’a, je crois, en fait bouleversée. Sa réponse dans une forme de résignation : le recueillement, l’isolement, le face à face avec son écriture dans la solitude. Il m’avouait délibérément laisser le silence s’installer autour de lui. Il me souhaitait bonne route. Une forme d’adieu peut-être, pas parce qu’il ne désire plus d’échange avec moi, mais parce qu’il ne désire tout simplement plus d’échange avec quiconque, comme s’il avait définitivement abdiqué et laissé la voix l’englober tout entier. Je ne crois pas en être là mais j’entraperçois déjà ces signes moi-même, une forme de dévotion totale peut-être. Et, chose étrange, je n’ai même pas peur de disparaître.

Autrefois, je me souviens que cette idée était ce que je craignais le plus, que je me répétais la phrase de The Hours : « J’ai peur qu’elle puisse tout à coup disparaître ». A-t-on vraiment peur de cela finalement ? Ou alors, une fois arrivé tout au bord de la disparition, peut-être devient-elle évidente, voir même séduisante. Pour le moment, cela m’effraie encore un peu, d’où sans doute mes élans de rébellion, peut-être pour ne pas abdiqué encore, faire durer.

Lecture: Mes clandestines – Sylvie Gracia

Mes-clandestines

J’ai lu ce livre en ebook en me disant dès les premières lignes qu’il est appréciable de le lire sous cette forme car je n’aurais pas à recopier à la main (à taper) les nombreux passages que je relève. Car, en effet, je relève beaucoup de passages, des sortes d’envolées lyriques comme dirait N. Voilà encore un autre livre écrit en fragments, une sorte de journal en fait mais écrit dans le but de rendre compte de cette idées des clandestines (c’est-à-dire de la trace des femmes croisées ou/et qui ont marquées une vie, des fantômes dans ce qui est peut-être mon sens préféré du terme); étant donner qu’il y a un travail d’écriture, on ne peut donc plus parler de journal.

C’est en tout cas une littérature de l’intime ici, au sens woolfien du terme, car l’auteur cherche à rendre compte de la façon dont certaines personnes et certains événements se sont gravés dans la psyché (gravés ne voulant pas dire figés). Au lieu de parler de l’auteur, je devrais parler du « je » du livre car je ne sais pas s’il s’agit de l’auteur lui-même et après tout je m’en fous. C’est la réflexion que je me suis faite tout à l’heure en marchant dans le couloir au travail : la littérature de l’intime peut paraître une littérature très personnelle, extrêmement subjective voir auto-centrée ; mais lorsqu’on comprend que ce qui est révélé de personnel a tellement peu d’importance face à ce qu’elle révèle d’existentiel et d’essentiel, bref d’universel, on comprend alors qu’il n’y a pas de littérature où l’auteur peut être plus invisible.

Car savoir si on entend parler l’auteur, s’il rapporte des éléments de sa propre vie, etc. a finalement peu de poids : ce qui se joue dans la littérature de l’intime se joue avant tout dans la pensée et l’esprit du lecteur, c’est cette façon dont il peu faire une expérience du monde, la ressentir et l’expérimenter lui-même, qui importe: l’auteur, le personnage, la technique narrative, tout cela s’efface au profit d’un fragment du monde tel qu’il peut être vécu ; et c’est ce qui fait aussi que la littérature est sans fin car ce « tel qu’il peut être vécu » peuvent se multiplier à l’infini. C’est toujours ce jeu du dehors au dedans puis du dedans au dehors qu’a tout de suite relevé B. dans ma propre écriture. Et la force de cette littérature est ahurissante, chaque fois surprenante, à sa manière et avec un matériau pourtant similaire : la fiction.

Pour revenir à Mes clandestines. Ce livre me transporte car il représente un de ces thèmes qui me sont chers : la trace de l’autre en soi, qu’elle soit bonne ou mauvaise (il n’y a même pas de jugement de valeurs à avoir), l’essentiel étant la trace, c’est-à-dire ce qu’il en résulte, demeure et se transforme en nous pour lui prêter une importance intime et augmenter encore le champs d’expansion de la personnalité.

Le rythme de Mes clandestines est au plus près de la pensée intime, du moins ce genre de pensée : la vitesse, les associations d’idées, les digressions et le retour inopiné sur une idée frôlée lors d’une phrase pensée quelques minutes ou quelques heures auparavant, ce genre de galop à toute vitesse dans le vaste champ des possibles de la libre-association et qu’on ne pourrait énoncé à voix haute, à l’attention de quelqu’un d’autre, avec une telle fluidité ; il faudrait s’expliquer, donner les connecteurs logiques qui, dans notre tête n’ont pas besoin d’être exposés, ils font partis intégrante de notre pensée, de son système personnel.

Et cette façon d’écrire l’intime impose aussi un rythme pour le lecteur. (ou peut-être n’est-ce que pour moi, cette impression que la pensée doit aller vite pour ralentir tout à coup face à l’objet d’une contemplation qui me prend par surprise : une phrase, une idée, le partage d’un sentiment ou d’une émotion qui se répercute directement dans mon ventre et m’en fait mesurer la puissance – et sans doute ne seront-ce pas les mêmes ou la même puissance (pour d’autres lecteurs).

Cette lecture m’a bouleverse comme je n’ai pas été bouleversée depuis longtemps par un livre, c’est-à-dire de cette manière-là (lorsque ce que je lit se répercute dans mon ventre – j’ai remarqué que c’est ma façon de ressentir les émotions : dans le ventre, tout en intériorité) ; quand d’autres livres me bouleversent d’autres manières : contemplative, ébahissement devant la technique, compilation de citations qui semblent ouvrir des faisceaux de compréhension existentielle.

Cette fois, c’est la façon dont Sylvie Gracia dresse le portrait de nos solitudes peuplées. Ce qu’elle appelle « clandestines » est dans mon jargon « fantômes », c’est-à-dire ces êtres qui passent, de façon plus ou moins fugace dans nos vies, et dont demeure la présence fantomatique et leurs échos : le fantôme étant peut-être la présence de la personne côtoyée, l’image d’elle qui en demeure, l’écho étant ce qu’elles ont répercuté en nous et qui a épousé nos propres formes (cela vient d’eux mais s’est aggloméré à notre propre forme et n’est donc plus, à proprement parlé, eux). De plus, je ne suis pas en accord avec une forme féminisée « clandestines » (ici, cela sert à l’argument de l’auteur : elle parle de la répercussion des formes entre elles), je préfère le neutre : fantôme, lexicalement n’est ni masculin ni féminin mais les deux ou aucun, puisque c’est un être immatériel et donc libéré de la forme d’un corps sexué.

En approchant de la fin de Mes clandestines, j’approchais alors à pas lents car j’aurais voulu ne pas quitter ce livre – mais ce qui fait la force des livres c’est aussi qu’ils sont contenus dans un tout global, figé ; on pourrait toujours poursuivre un livre, le réécrire, l’augmenter, mais je crois que c’est lorsqu’on en vient à accepter que cette expansion ne puisse avoir lieu que dans la tête d’un lecteur qu’on peut affirmer l’avoir fini (et uniquement dans cette mesure).

#sondage

Voilà quelques années, j’ai fait un travail dans le cadre de mon master en littérature comparée sur « Le discours narratif de l’intériorité féminine chez Madame de La Fayette (La Princesse de Clèves), Charlotte Brontë (Jane Eyre) et Virginia Woolf (Mrs Dalloway) et cela fait longtemps que j’avais envie de reprendre ce travail pour le poursuivre ou même lui donner un tout autre tournant. Cela fait également quelques temps que je réflechis à l’écriture d’un essai, notamment sur les techniques de narration révélant l’intériorité des personnages et confrontant différents acteurs: l’auteur, le(s) personnage(s) et le lecteur. Et c’est là que j’aimerais vous faire intervenir, par l’intermédiaire de sondage, pour confronter différents points de vue et ressentis en tant que lecteur ou auteur et ainsi vous permettre de collaborer à ce projet.

Je vous propose donc de lancer une série de petits sondages. Voici le premier: