#Extrait 52

Elle connaît déjà le déroulement de leurs retrouvailles, pour l’avoir imaginée quotidiennement, au cours de ses heures d’insomnie, fixant dans son lit, le noir profond du plafond, immobile, perdue dans cet espoir. Oui, finalement, il s’agit peut-être seulement d’un espoir ; Lise aimerait que ce soit prophétique mais elle n’a aucune maîtrise sur cela – les Hommes finalement ne maîtrisent pas grand chose. Mais elle a tout de même anticipé ce tourbillon qui l’entraînerait au moment où le train approcherait de sa destination, le sang bouillonnant dans sa tête, ces tressaillements dans les cuisses, ce regard qui la transcendera, ce baiser scellant leur union à nouveau, cette union avec une part d’eux-mêmes cherchée sur d’autres lèvres en vain.
Et, à cette heure, dans ce train pour le retrouver, elle préfère se persuader qu’elle est pour lui, comme il est pour elle, ce fantasme qui hante ses nuits humides, cet espoir d’un absolu, sur le point de devenir réalité. Mais, peut-être ne sera-t-il pas sur le quai…


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

Ici, il s’agit d’un extrait de mon roman Wish you were here

#Extrait 38

Je suis un voyeur. J’essaye de ne pas tomber en escaladant ton rempart. Car tu es la seule qui me permettre de me sentir plus grand que je ne le suis en réalité. Je suis juste un voyeur. Seul depuis trop longtemps. Des problèmes avec les gens. Plus rien à perdre. Je ne pèse rien. Je ne suis rien aux yeux des gens. Mais je suis nu aux tiens, lorsqu’ils me percent. Je ne suis rien d’autre qu’un voyeur. Coupé du monde depuis trop longtemps, et sans toi, je ne suis rien. Un étrange amour fou semble embellir la marée du soir à tes côtés. Une telle imagination peut aider à la dérive des sentiments. Je te vois au bout de la rue et mon cœur s’emballe comme celui d’un enfant. Ça me fait tout simplement vivre. Est-ce important ? Je suis un voyeur depuis longtemps. Tu me cultives comme une plante verte. Pourtant tu ne vois jamais la solitude qui est en moi. Me vois-tu vraiment ? Quelle importance ? Je vois tout mais ne vis pas, tu vis et tu vois, c’est toute la différence. Je connais les manies et les habitudes de chaque habitant du quartier ; je connais ta vie comme si c’était la mienne.

Mais voilà qu’aujourd’hui, tu n’ouvres pas la fenêtre. Tu restes quelques minutes dans l’appartement puis descends rapidement les escaliers pour apparaître à la porte de l’immeuble, un sac à l’épaule, le sourire aux lèvres. J’ai comme l’impression que je ne te reverrai plus. Et je réalise que ta future absence n’est pas le constituant de ma peur. Mon angoisse soudaine vient de ce que ma vie, suspendue à la tienne, est sur le point de prendre fin. Je ne m’attendais pas à un tel changement. Je ne m’attendais pas à ce que, toi aussi, tu m’abandonnes, comme elle l’avait fait, déprogrammant ma vie à nouveau… Je suis perdu.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

Ici, il s’agit d’un extrait de mon roman Fantômes