#Extrait 60

C’est souvent lorsqu’elle s’offre une marche dans les rues de la ville que Marthe trouve des sources d’aspirations car il lui suffit de descendre simplement dans la rue, de se noyer au mouvement des passants pour être au cœur de la vie humaine et l’observer. Voilà pourquoi Marthe est profondément citadine : la campagne ne revêt pas suffisamment de possibilités de croiser des gens, il n’est pas possible d’observer les relations sociales qui les tissent entre eux, de même que de baigner dans cette effervescence humaine étourdissante – pour elle qui est si vide – qui est, pour Marthe, synonyme de ville et de vie, de vivacité, d’activité, d’hyperactivité, de bouillonnement, d’émotions jaillissant en tous sens. Elle ne pourrait pas se passer de ce bouillonnement trop longtemps, quand bien même elle y soit étrangère. Et même s’il est certes parfois source de stress et de fatigue (suractivité, concentré d’émotions diverses dans une seule rue, nécessité de dominer son empathie), parfois dévastateur même, mais ô combien vivifiant, comme une plongée au cœur de l’humain dans toutes ses nuances, bienfaisantes et destructrices, tout comme la vie.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

Ici, il s’agit d’un extrait de mon roman Echoes