#Extrait 49

La vie n’est pas une continuité de moments importants mais une ligne directrice en pointillés dont la direction même n’est jamais certaine, toujours sujette à la transformation. William se perd dans l’espace-temps. Leur histoire est pour lui faite d’autant de pointillés, de ces fragments d’instantanés, de ces scènes précisément gravées dans sa propre ligne du temps qui sont pourtant des fragments constamment intemporels par l’impression d’une continuité globale sur leur ligne du temps commune. C’est difficile à exprimer en mots, William lui-même peine à mettre de l’ordre dans ses pensées. Lise est pour lui une présence continuelle puisque son passé se dessine dans le flou intemporel de leur relation qui ne s’est jamais conjuguée qu’au présent, et pourtant lorsqu’il fait appel à sa mémoire, ce sont ces instants de vie isolés qui le submergent.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

Ici, il s’agit d’un extrait de mon roman Wish you were here

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Lecture et détournement: De la pluie – Martin Page

Opus d’une centaine de pages qui, comme son nom l’indique, décline des considérations sur la pluie, mais finalement pas seulement pour parler de la pluie : plutôt le prétexte à égrainer des scènes et des situations, des réflexions personnelles sur la vie quotidienne par le prisme de cet élément quasi omniprésent dans nos journées.

Étant plutôt une adepte du soleil mais déçue et frustrée par ces derniers jours de grisailles et de pluie en plein mois de juillet, lire ce petit opus de Martin Page était pour moi une manière de me faire patienter en attendant que le soleil revienne enfin, comme pour lui faire la guigne : eh bien puisque tu ne reviens pas, je vais me vouer à la pluie.

Mais puisque ce matin le soleil est réapparu, et puisqu’il faut toujours que mon esprit de contrariété fasse des siennes, je me propose de présenter un « anti-De la pluie ».

Publié par Rhendi Rukmana sur Unsplash

Le soleil ! Enfant du soleil. Jamais suffisamment réchauffée, intensité trop courte de la peau pigmentée au contact des rayons qui nous contaminent et nous polluent. Mais je suis en train de lire en ce moment un livre écrit par une amie dans lequel la pluie est acide et chargée de produits chimiques, la science-fiction n’est pas si exagérée que ça. Alors, soleil ou pluie, même combat. Et puis, si nous écoutions tous ces détracteurs de vie pour lesquels la vie est plus dangereuse que la mort (ne pas sortir de chez soi parce que le monde est violent, ne pas fumer, boire, manger bio, faire du sport, ne pas respirer la pollution donc ne pas respirer tout court, etc.), nous vivrions enfermés toute l’année, 24h sur 24, à nous cacher dans des immeubles de béton pour nous protéger du monde et ainsi cesser d’y vivre. En attente, en attente de vivre, en attente de mort.

Moi, personnellement, je suis frigorifiée près de dix mois dans l’année. Je n’y peux rien, c’est comme ça, mon corps est constitué de telle manière qu’il me faut une forte dose de soleil pour qu’il se réchauffe. De même, il n’emmagasine pas la chaleur très longtemps : il lui faut, à intervalles régulières (l’idéal serait chaque semaine) une forte dose de soleil. C’est donc aussi près de dix mois par an à vivre enfermée pour me cacher du froid ; c’est ça ou grelotter et convulser après une quinzaine de minutes passées dehors. Et ce quel que soit le nombre de couches épaisses superposées sur mon corps pour contrer ma perte de chaleur corporelle effarante : il y a toujours un bout de peau qui finit par avoir froid et le froid se propage rapidement dans tout le reste du corps.

La pluie ! N’en parlons pas ! Cette humidité pénétrant le corps, s’insinuant. Comme si nous n’avions déjà pas suffisamment d’eau dans le corps. Et impossible de faire quelque chose dehors. Les plus frustrantes sont les pluies d’été : il fait pourtant chaud dehors, nous pourrions profiter du plein air et des activités en extérieur, ou de simplement flâner sans être couverts de mille couches de vêtements, un peu plus proches de la libre-expression du corps, mais non non, nous ne pouvons pas puisqu’il pleut. Moi je suis comme Rain man, je ne sors pas quand il pleut, parce que l’eau ça mouille et je suis une enfant du soleil. Ça fait rire d’ailleurs les amis quand je leur dis ça, ils s’exclament : mais t’es pas picarde toi ?! Si, justement ! J’ai manqué de soleil pendant l’enfance, comme on dit j’ai manqué d’affection !

Publié par reza shayestehpour sur Unsplash

Le soleil est affection. Chaque pan de peau est bercé de chaleur. Parfois de la sueur bien sûr, mais bon, c’est naturel aussi de transpirer. De nombreuses personnes n’aiment pas le soleil justement parce qu’ils ne supportent pas de transpirer. Mais c’est aussi parce qu’ils ne s’adaptent pas aux saisons. L’été et le soleil imposent un autre rythme. Tandis que j’ai la sensation de courir dans tous les sens en hiver (peut-être pour me réchauffer aussi), même mes pas sont plus lents en été. Et pour moi qui ait une tendance prononcée à l’hyperactivité, le soleil est un ami posant sa main rassérénante sur mon épaule pour me dire de me calmer et de profiter simplement du présent.

J’ai l’impression que les attitudes ont déjà changées depuis la parution du livre de Martin Page (2007). Il dit avoir écrit ce livre aussi par esprit de contradiction, parce que c’était le printemps et qu’il y avait du soleil le jour où il décidait d’écrire sur la pluie, et parce que tout le monde, dit-il, se réjouissait du temps et de pouvoir boire un café en terrasse. Il y a quelques semaines, nous avons eu trois jours de canicule (c’est-à-dire qu’il a fait plus de 35° et que, même la nuit, la chaleur ne baissait pas, il vaut mieux préciser la définition avant que ça ne dérive encore à parler de canicule quand il fait 24°), et depuis les gens sont comme traumatisés : dès qu’il fait plus de 24°, ils crient au scandale et courent s’enfermer chez eux, dans le noir, tous les volets fermés, « pour garder la fraîcheur ».

C’est le soleil désormais qui est le paria ; voilà qui contente mon esprit de contrariété, lui qui était contrarié quand même d’aimer le soleil au même titre que tout le monde, ça ne lui convenait guère. Sans doute les campagnes de prévention contre le réchauffement climatique y sont-elles pour quelque chose. Mais ça ne sert à rien de se miner, entre temps, à force de pluie, nous serons tous devenus des poissons à barboter au fond des mers que la fonte des glaciers aura produit. Que voulez-vous, c’est ça l’évolution.

#Extrait 34

J’aurais voulu décrire cet instant, le capturer sur l’instant. J’aurais voulu noter quelque part, pour le retenir, le préserver, ce sentiment d’harmonie humaine, ma façon de ressentir tous les échos fugaces allant de l’une à l’autre des personnes réunies autour de cette table. Noter aussi les diverses discussions, décrire les différents groupes qui se forment au fil des discussions, l’effervescence que je perçois autour de moi. Cette effervescence crée par les conversations dans lesquelles chacun s’immerge, donne de soi, reçoit des autres. Décrire aussi comment je suis moi-même happée par l’échange que j’ai avec N. que je ne connaissais pas il y a quelques heures encore, ce feeling instinctif que j’ai ressenti lorsqu’il a commencé à me parler d’écriture.

Je ne questionne pas en cet instant le lien qui s’est installé entre nous, rien qu’en échangeant quelques phrases, des mots choisis. C’est un créateur lui aussi. Il sait trouver les mots pour décrire la création, son essence, sa perception de ma puissance potentielle d’écriture. Car c’est ainsi qu’il la ressent lui-même.

Il parle de soulèvement, de pulsions, de la perception du pavé de la rue dans laquelle nous sommes, en terrasse, de l’histoire de ce pavé, de son odeur, des personnes qui les ont foulés, de l’imperfection des pavés, de ce qui a pu les rendre inégaux, de ce qui les rend beaux : leurs imperfections. Car après tout, qu’est-ce qui est parfait ?

Je suis d’accord, rien n’est absolu, rien n’est parfait ou imparfait. C’est simplement notre perception des choses, notre subjectivité gorgée de notre éducation, de notre expérience de vie et de notre analyse des choses. Pourquoi alors ne pas accepter que les absolus ne puissent exister ? C’est peut-être le pouvoir de l’artiste que de transmettre le réel sous une forme travaillée inconsciemment, prendre toute sensation, toute émotion, toute perception, pour ce qu’elles sont, et garder cette objectivité, cette absence de jugement ?

C’est tout à fait ça ! Il s’enthousiasme, il sourit. J’aurais voulu également écrire ce sourire-là. Mais au moment où j’aurais tenté de le fixer sur le papier, je me serais rendue compte que la mémoire, notre perception des faits passés lointains ou plus directs, sont perturbés d’émotions postérieures, dès l’instant terminé. Le cerveau ne peut pas s’empêcher d’analyser, d’induire. Si bien que je ne peux retranscrire cette scène et ce qui la constitue qu’à posteriori, en faire l’art théorique dont nous parlons justement.

J’aurais voulu décrire cet instant à l’instant même où il se déroulait tel que je l’ai ressenti, à la seconde, mais il aurait fallu que je sorte mon carnet tout de suite de mon sac, que j’interrompe la dite conversation, que je brise le lien, cet échange volatile installé dans ce contexte, un temps précis. Et une fois le carnet sorti, d’écrire ces pensées m’aurait obligé à prendre de la distance par rapport à l’instant, et forcément, de l’analyser.

Frustrée par cette pensée, je lui en fait part. Il sourit à nouveau – un sourire d’enfant, un peu naïf et à la fois avec cette connaissance instinctive du monde que les adultes oublient dans l’âge, ou peut-être l’ai-je perçue ainsi parce qu’il a quelque chose d’innocent et d’insouciant. Est-ce à dire que l’artiste est aussi celui qui se refuse l’instant présent ?, lui demandai-je. Qu’il se refuse à vivre le présent réel afin de mieux pouvoir le capter, et à la fois donc s’en détacher, perdre cette expérience émotionnelle et humaine ?

Non, il ne pense pas. Même la prime perception qu’on croit dénuée de tout jugement a déjà en fait été appréhendée par notre cerveau.

Si bien que nous vivons constamment dans la sensation d’un déjà vu ?, dis-je.

Non, car c’est là toute la beauté des relations humaines : c’est de pouvoir être surpris par les autres car si rien n’est absolu, on ne connaît donc jamais réellement personne au point de pouvoir anticiper ses moindres gestes et paroles.

On est un peu soûls tous les deux. Les idées s’embrouillent. J’aurais voulu lui planter un baiser sur la joue après ce qu’il venait de dire, je ne sais pas pourquoi. Mais sa pensée, sa façon de l’exprimer, m’a donné cet élan. Pour souligner peut-être la beauté de l’instant. Mais à quoi bon vouloir encore souligner les choses ? Et puis il y a B., l’homme qui partage ma vie, à une table pas très loin. Mon geste ne serait pas venu d’un élan amoureux ni même charnel, il y a tellement d’amours différents. Et je ne veux pas m’interdire de telles pensées simplement parce qu’elles ne conviendraient pas au code social. B. le comprend lui aussi. Cela ne l’aurait pas empêché de ressentir un élan de jalousie envers cet homme qu’il ne connaît pas encore bien. Donc ce n’est pas pour cela que j’ai retenu mon geste. Mais pourquoi alors ?

Longtemps, j’ai essayé de m’interdire même ce genre de pensées, soi-disant impures. J’oubliais cette loi fondamentale de l’Homme, qui fait que l’Homme est Homme et non animal : la liberté de penser. Des millions de pensées nous traversent l’esprit au court d’une journée. Elles ne sont pas forcément toutes respectables aux yeux de la bienséance sociale. Mais quelle trahison y-a-t-il à penser ? J’en suis arrivée à la conclusion qu’il n’y a de trahison qu’envers soi-même. C’est une forme d’auto-respect.

Je venais de partager avec un autre que B. (après tout, qu’importe que c’eut été un homme ou une femme), un coup de foudre existentiel, une rencontre, une amitié naissante.

« La rencontre, dans la vie comme au cinéma, est un acte, héroïque, un moment, voire un instant, épique. Elle vous sauve la vie, ou la journée, selon vos dispositions. C’est un serment, un don, un engagement impulsif de soi vers l’autre. Elle expose et développe du temps. Une ou quelques minutes se transforment en heures, en semaines, en une vie, rien qu’à soi » (Aumont, Jacques. La Rencontre, au cinéma toujours l’inattendu arrive).


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

#Extrait 33

Au fond, elle ne désire pas cet enfant. Elle n’a jamais voulu perpétrer sa propre lignée, torturée et brisée : que pourrait-elle apporter à un enfant si ce ne sont les tares dont elle-même a hérité ? Dans le doute permanent qui l’habite, cet enfant a été le signe : il fallait faire un choix, irréversible celui-ci. Jusqu’ici, elle a pu éviter de prendre une quelconque décision mais maintenant il y a un autre être, entièrement dépendant d’elle. Est-ce réellement une obligation, à l’heure de l’avortement légal ?

Elle se revoit avec ce choix entre les doigts, couvert de son urine, à ce moment où tout est encore possible : il est possible d’avoir un enfant, il est possible de l’évacuer sans que personne ne le sache. Et pourtant, elle a pleuré dans les toilettes d’une station-service avec ce test entre les mains, assise sur les toilettes, paralysée par une sorte de fatalité irrémédiable.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments… Ici Wish you were here.

Le livre s’éparpille

Dans notre monde d’aujourd’hui, le motif du fragment est de pleine actualité. Sur la toile, nous avons appris à nous éparpiller, à rebondir, à sauter du coq à l’âne. Notre cerveau s’est habitué à cette discontinuité. Il était évident que la littérature en vienne à utiliser ces mêmes méthodes. A bas la linéarité, place à l’éclatement, à l’éparpillement, à la digression qui ne revient pas à son point de départ.

Certains se désespèrent : on n’écrit plus de livres comme on pouvait en écrire avant, avec un début, une fin, un cheminement suivi. Eh bien, tant mieux ou tant pis, peu importe. Aujourd’hui, c’est cela, demain ce sera encore autre chose. Qu’un mode de pensée contemporain se retrouve en littérature est rassurant, cela prouve qu’elle est encore et toujours d’actualité, qu’elle est une fenêtre ouverte sur un monde que nous-mêmes ne comprenons pas encore et qu’elle voit, elle, en toute lucidité. Il n’y a que les négationnistes pour penser que le passé doit rester figé.

Les nouveaux outils font toujours peur quand on laisse gagner par la peur du changement. On regarde le passé qui avait l’air tellement mieux, qui drainait des « vraies » valeurs qu’il ne faut pas oublier. Je suis la première à écouter, lire, voir, des chansons, des livres, des films, indifféremment de leur âge, tout simplement parce que ma sélection ne se fait pas sur un critère de date : il y a du bon et du mauvais à toute époque. Cantonner la culture à l’époque de sa création, c’est croire qu’elle n’a pas le pouvoir de traverser le temps, c’est la priver de cette force qui fait d’elle sur Terre peut-être la seule entité à ne pas être soumise au temps. Il y là sans doute une forme de jalousie car notre corps, lui, vieillit à vue d’œil.

« Bien sûr, l’écran de nos ordinateurs a tendance à générer des « distractions exogènes » qui demandent un effort cognitif plus important pour rester focalisé sur un sujet ou un texte. Toutefois ce n’est pas le support en tant que tel qui est en cause, mais bien les distractions qu’il génère. Ce n’est pas lire à l’écran qui nous perturbe : c’est lire connecté, lire en réseau » (Dacos, Martin. Read/Write book, 2010).

Bien sûr, nous sommes perturbés. Bien sûr, il faut un temps d’acclimatation pour s’emparer de nouveaux systèmes, mais pourquoi forcément chercher à les affronter ? Ne faudrait-il pas voir là l’opportunité d’expérimenter et de découvrir autre chose, sans se laisser submergé ? Nous connaissons encore si peu les capacités de nos cerveaux, nous sous-estimons leurs capacités à, d’abord, s’adapter pour mieux, ensuite, s’emparer des outils et ériger leur propre système, les outils redevenant outils, matériaux en attente d’une main humaine pour les faire agir. On oublie trop facilement combien l’expérimentation est au cœur de la vie, et combien le matériel reste une matière inanimée que nous sommes bien les seuls à faire agir. On vit, on est vivant, êtres agissants dans le monde, parce qu’on expérimente.

On aura beau critiquer les Facebook et compagnie, les liseuses, les applications interactives, tout ce qui « pervertit » le livre, ce qu’on critique c’est l’utilisation qui en est faite à ce jour. Eh bien, au lieu de critiquer, proposons une autre utilisation, il y en aura toujours pour critiquer celle-là aussi, car toutes se valent si elles trouvent leur utilité et leur pertinence pour quelqu’un. Le livre change de forme, il n’en est pas moins toujours un livre. La culture ne dépend pas d’un support, elle peut tout au plus utiliser le support pour créer du sens. Ainsi voit-on naître des ebooks interractifs, des livres sous forme de site web, ou d’application, des livres adaptatifs dans lesquels le lecteur choisit son mode de lecture et même la direction de l’histoire.

« Le paradigme du Read/Write Book ne se substitue pas à celui du livre classique, il s’y ajoute. Ils devront désormais cohabiter. Notre thèse est que le livre se situe à un tournant de son histoire et que, malgré les chausses-trapes qui l’attendent, et à condition d’abandonner tout fétichisme, sa vitalité, sa liberté et sa force sont en mesure d’être décuplées avec l’arrivée du numérique en réseau. Révolution de l’accès, bien entendu, mais aussi révolution des usages, qu’ils soient d’écriture, de lecture ou d’inscription. Le livre, donc, sans cesse, se réinvente, et réinvente notre société par la même occasion. […] On retiendra notamment la formule fulgurante d’Hubert Guillaud selon lequel le livre, désormais, est lisible et inscriptible, c’est le Read/Write Book. De Bob Stein, on retiendra que le livre « is a place » : le livre est un lieu, lieu de parcours, parcouru, parcourant » (Dacos, Martin. Read/Write book, 2010).

N’accède-t-on pas ici à un de ces saints que les auteurs et lecteurs des siècles précédents pensaient inaccessible : le livre infini ? Le livre dans lequel on marche. Le livre qui s’étend, s’étire, depuis la tête de l’auteur jusqu’au lecteur et du lecteur jusqu’à l’auteur, cette collaboration devenue possible, encore plus qu’avant (les commentaires des lecteurs sur un blog par exemple ne font-ils pas finalement parti du texte ?). Il serait dommage de chercher à imposer des limites à la littérature. Mais, de toute époque, de toute manière, elle a toujours eu à essuyer de telles tentatives normatives et elle s’en est toujours sortie.