Et une bonne année à tous !

Panneau décoratif de Alfons Mucha (Source Gallica)

Qu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassés d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père Lachaise… Cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de dire «Bonjour à tous », j’ai mis « Bonne année mon cul». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.

Chroniques de la haine ordinaire de Pierre Desproges

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Tenir la porte fermée, savoir l’ouvrir

En ces temps de fêtes de fin d’année, la créativité et l’imagination en prennent un coup: il y a tellement d’activité, tellement de mode à voir, de moments à partager avec des gens qu’ont n’a pas l’occasion de voir souvent au cours de l’année, il y a des contraintes mais aussi des moments de joie et de retrouvailles, de partage. Dans ce contexte, bien sûr, pour un écrivain, il est difficile de trouver un temps calme pour pouvoir s’adonner à l’écriture de la créativité, c’est-à-dire à cette première phase de l’écriture d’un livre: le premier jet. Cette étape demande un silence de plomb, un isolement total, une extraction complète des choses et de l’environnement, des gens et du sol même qui devient en ces instants impalpable.

[…] mais une chose est indispensable: une porte que vous tiendrez fermée. La porte fermée est le moyen de dire au monde comme à vous-mêmes que vous ne plaisantez pas, que vous êtes sérieusement décidé à écrire, que vous avez l’intention d’aller jusqu’au bout et de faire tout ce qu’il faudra pour ça. (Stephen King, Ecriture: mémoire d’un métier, p.183)

Virginia Woolf (oui, je sais, encore elle!) n’en disait pas moins à propos de la condition des femmes mais aussi de l’écrivain dans son essai Une chambre à soi: toute personne, et surtout celui qui écrit, doit avoir un espace à soi, dédié au centrage sur soi-même, à l’écriture, un espace duquel seul lui décide de s’extraire après une séance d’écriture, un espace dans lequel il n’est pas dérangé. Ce peut être un réduit dans un coin sombre de la maison, une pièce avec une porte, un bureau, une fenêtre (ou pas de fenêtre du tout), une cabane au fond des bois comme Annie Dillard. Longtemps, les écrivains, et surtout les écrivains-femmes, n’ont pas eu cette disposition à leur portée. Emily et Charlotte Bronté ont écrit des œuvres magistrales de la littérature anglaise sur un coin de table de cuisine ou dans la salle de convivialité avec pour fond le brouhaha des conversations triviales des occupants de la maison et de leurs convives. Pour autant, ces œuvres sont indispensables aujourd’hui et l’écriture tellement exceptionnelles qu’elle en est intemporelle. Mais voici l’exception qui confirme la règle. Et même sur son coin de table de cuisine, Emily Bronté n’était pas dans la pièce, elle était ailleurs, elle avait ce pouvoir qu’on peut voir mis en scène parfois dans les films de super-héros: cette barrière anti-magnétique, anti-monde, infranchissable, indestructible: une sorte de phase autistique je vous l’accorde. Mais, suite au pamphlet de Virginia Woolf, on s’est peu à peu rendu compte de ce processus: le premier jet d’un livre doit se faire dans la solitude la plus totale. Cette solitude doit être respectée et par l’auteur et par son entourage.

Et lorsqu’on ne peut pas s’isoler? Et lorsqu’on ne peut pas être au calme dans la pénombre? Eh bien, écrire un livre ne se cantonne pas seulement à cette phase de premier jet, il y a tellement de travail en amont et en aval de cette étape ô combien dévoratrice et émotionnellement indétrônable. Mais si Flaubert avait rendu le premier jet de son Madame Bovary, son oeuvre n’aurait certainement pas connu une telle résonance universelle. Non, il a écrit et réécrit son livre phrase par phrase, ressassant parfois une phrase pendant des jours, la combattant au corps à corps jusqu’à ce qu’elle prenne sa forme « définitive ».

En amont, un écrivain engrange de la matière. Et pour cela, il côtoie le monde, l’imprègne, en soupèse les effluves et les vents contraires, va au contact des autres et de la vie elle-même. Un écrivain n’est pas seulement un écrivain, c’est aussi quelqu’un qui vit et qui, par conséquent, connaît de multiples expériences et vit de multiples situations. Mais l’écrivain se révèle dans cet appréhension des choses: il est rare qu’il soit au repos. Même lorsqu’il parcourt une rue, dans la frénésie des achats de cadeaux de noël, il happe la rue, ressent la rue, l’imprègne et, une fois devant sa feuille, il est lui-même surpris de ce que certains détails ressortent sur le papier alors qu’il n’y a même pas fait attention lorsqu’il flânait dans la rue et courrait après les achats de noël comme tout un chacun. Ainsi, même dans cette effervescence constante des fêtes de fin d’année, même s’il n’a qu’un quart d’heure de tranquillité par jour pour pouvoir s’adonner à une quelconque écriture, c’est dans ces moments qu’il engrange des fragments, des scènes, éveille des idées. Il prend des notes, il peut tenir un journal de ce qui se déroule pendant ces jours mouvementés pour ensuite créer des personnages, des scènes ou simplement avoir des idées pour son projet en cours ou des futurs projets d’écriture.

Dans ces périodes, pour ma part, j’en profite souvent pour m’adonner à des taches scripturales qui demandent moins de concentration: taper des fragments qui pourront m’être utiles pour tel ou tel projet, tenir mon journal, prendre des notes, juste quelques phrases ça et là, avoir des idées, réécrire une nouvelle ou un fragment de roman ou d’essai. La tête d’un écrivain n’est jamais au repos: inconsciemment, il a toujours quelque chose sur le feu, quelque chose qui se construit dans son moi-écrivain et qui ressortira sur le papier lorsqu’il sera au calme, dans sa pièce dédiée à la créativité.

Et seule la phase de premier jet demande un isolement complet et une solitude infranchissable par l’environnement et les autres. Les autres étapes de l’écriture (réécriture, agglomération, imprégnation, réflexion…) peuvent se faire dans la pièce commune, entouré du brouhaha des enfants et du son sourd des dessins-animés, c’est même conseillé: se cantonner au premier jet est de l’ordre de l’écriture auto-centrée (je ne dirais pas égoïste car certaines personnes n’écriront jamais plus que cela et il n’y a rien de mal à vouloir écrire pour soi, uniquement pour soi, mais il ne faut pas dans ce cas chercher à l’ouvrir aux autres, ils ne comprendraient pas et ne verraient de toute façon pas l’intérêt de lire ça). Pour ceux qui veulent écrire des livres que d’autres puissent lire, il est essentiel de s’extraire de son texte, prendre de la distance par rapport à ce que le texte dit de nous pour l’ouvrir à ce qu’il peut dire d’autres, à ce qu’il peut dire à d’autres. Ce que cherche un lecteur lorsqu’il lit un livre, ce n’est pas trouver l’auteur mais c’est bien se trouver lui-même, ce que le livre, l’histoire, tel personnage, peut dire de lui.

Je deviens moi-même souvent irascible lorsque je n’ai pas ce temps d’écriture solitaire quotidiennement. Je commence à m’agacer, deviens agressive. Au bout de quelques jours d’une trop grande effervescence qui ne me laisse pas un seul temps de repos pour écrire, je sens mes boyaux se tordent, des remontées d’aigreurs qui s’amassent dans mon estomac et il me suffit d’écrire pendant une heure pour que la douleur disparaisse comme par enchantement. Mais, bien souvent, je me raisonne en me disant que c’est aussi ça écrire: vivre, prendre note des expériences, amasser du matériau, pour lorsque le moment sera propice déverser tout cela sur le papier. Bien souvent, le texte qui en ressort est d’autant meilleur parce qu’il a été un peu frustré en nous, qu’il a pu amasser une certaine rage de ne pas pouvoir jouir tout de suite, on le retient, on le retient et paf, quand ça sort, c’est l’orgasme explosif quasi assuré.

La porte de votre antre créatrice doit pouvoir se fermer à double-tour, c’est essentiel, mais pour que le texte devienne littérature, la porte doit aussi pouvoir s’ouvrir. Qu’aurions-nous à raconter si la porte demeurait constamment fermée?

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Parler de son expérience d’écrivain, tenter de décortiquer ce processus en soi et le partager aux autres, c’est un peu apporter un témoignage à quiconque pourra être intéressé. Si j’utilise beaucoup le pronom « je » sur ce blog, ce n’est nullement dans le but de me mettre en avant, j’utilise ce « je » comme j’utiliserai un « nous », « vous » empirique, plus universel, car l’écriture est quelque chose qui a trait à l’universel. Même si c’est quelque chose qui prend profondément racine en soi, même s’il s’agit de l’enfantement spirituel d’une création, toujours est-il que même un enfant qu’on met au monde devient indépendant du parent qui l’a crée, il garde un lien bien sûr, quelque chose qui le rattache, mais il suit sa propre voie/voix; on ne sera pas toujours d’accord avec ses choix de vie mais, en parent éclairé, on se gardera bien d’émettre le moindre avis, on restera là, en garde-boue, au cas où, et on demeurera présent pour partager des instants de tous types et de toutes importances.

Écrire, c’est être parent, et, en tant que parent, c’est aussi souvent avoir à affronter des doutes: est-ce que j’apporte ce qu’il convient à mon enfant? A-t-il suffisamment de bagages pour construire sa voie? Puis-je le laisser prendre son indépendance alors que je ne suis pas sûr de l’avoir suffisamment préparé? Est-ce que je ne vais pas avoir une influence néfaste sur lui à force de le couver et de le protéger? Ce sont des questions qu’un écrivain peut être amené à se poser également, à un autre niveau bien sûr et c’est peut-être encore plus difficile d’y faire face car l’enfant de l’écrivain est quelque chose d’immatériel, voué à prendre consistance dans l’esprit des lecteurs qui le liront, creuseront ses entrailles, le blesseront peut-être et lui apporteront d’autres perceptions, d’autres visions, sans aucun doute.

C’est pour moi aussi, un des buts de ce blog que de ne pas rester isolée face à ce questionnement que chacun peut-être amené à avoir dans la vie, c’est-à-dire, de façon extrêmement large: quelle est ma place dans la vie? Qui suis-je? Quelle est ma place dans l’écriture? Que puis-je apporter? Ce n’est pas le genre de question auxquelles on trouve une réponse (s’il en est) seul, isolé dans la pénombre d’un bureau, à griffonner des centaines de feuilles.

Selon ma propre expérience (cela n’engage bien sûr que moi, d’autres écrivains, je les entends déjà, ne seront pas d’accord), mon écriture a réellement évoluée lorsque j’ai commencé à l’ouvrir aux autres. J’ai commencé à écrire des fictions vers l’âge de quinze ans, j’entretenais auparavant mon journal intime. J’ai écris près de dix ans sans jamais vraiment partager ce que je pouvais extirper de mes entrailles sur le papier. Oh, je l’ai bien fait lire à deux ou trois personnes très proches: mon amie, mon père d’adoption. Je faisais la lecture à mon amie tandis qu’elle fermait les yeux pour s’imprégner du texte et dessiner (elle est artiste) ces images dans sa tête avec ses propres coups de pinceaux, elle m’encourageait, était très touchée de ce que je pouvais lui lire. J’ai fais lire à mon père d’adoption, non que nous ne soyons pas en confrontation à l’époque (bah oui, j’étais une adolescente comme tout le monde, forcément rebelle!), mais je sentais qu’il pourrait m’apporter un avis objectif de poids et qu’il aurait également la sensibilité nécessaire pour se soumettre à la lecture de mes toutes premières nouvelles. Il y a quelques mois, toujours en train de fouiller dans mes anciens carnets, j’ai retrouvé par hasard la critique qu’il m’avait envoyé par mail: quelque chose de très simplement – et surtout sincèrement – dit mais qui m’a définitivement poussée à continuer sur la voie de l’écriture. Il me disait que ce que j’avais écrit lui avait permit de retrouver le goût de sa propre jeunesse et m’offrait un merci sincère pour cet instant de lecture que je lui avait procuré…; le reste du contenu de ce mail, je le garde précieusement au fond de moi, pour toujours.

Bref, voilà que je digresse encore, ou peut-être pas en fait. Car c’est définitivement en partageant ce que j’écrivais (oh juste des petites pattes de mouche par rapport à aujourd’hui, aujourd’hui pouvons-nous peut-être parler de pattes de chat) que j’ai pu avoir cette force et cette création inassouvissable qui me donne de l’énergie chaque jour pour continuer d’écrire. Peu à peu, j’ai ouvert à mon entourage: mon frère, mon compagnon, puis des amis proches, des connaissances. L’ensemble de ces partages m’ont chacun beaucoup apporté et je ne saurais comment remercier ces personnes qui ont pris le temps de me lire et de revenir vers moi en me fournissant une critique ou un simple ressenti personnel par rapport à ce qu’ils avaient pu lire. Mon écriture, en conséquence, a fait des bonds de géants et si je suis parvenue à un certain niveau d’écriture, c’est bien aussi grâce à ces partages.

Voilà pourquoi je fais part de mon expérience ici, sur ce blog ouvert à tout un chacun… Peut-être que ça ne parlera à personne, peut-être que ça aidera une ou deux personnes à trouver cette force de continuer aussi en soi-même, c’est en tout cas ma propre façon de concevoir les échanges et les partages humains: donner simplement, apporter des pistes, attrape ces pistes qui voudra, et qui voudra également pourra les approfondir et venir en parler, la porte est ouverte.

Participation à un concours de nouvelles scientifiques

C’est envoyé !

Ça peut peut-être vous inspirer aussi !

Participation à un concours de nouvelles qui fait la part belle aux incongruités scientifiques:

Hasard, synchronicité, loi des séries… ou causalité cachée ? Étonnez le jury en racontant un de ces drôles de jeux auxquels s’amuse parfois la réalité.

L’intitulé de ce concours ne pouvait que faire écho à une nouvelle que j’avais déjà écrite Hé mec ! et qui avais été exposée lors d’un évènement, à la bibliothèque où je travaille, en collaboration avec une équipe de neurosciences.

En préparation pour un autre concours: cette fois, l’écriture d’une nouvelle que je n’avais pas encore écrite et qui m’a été inspirée par le partage d’un de mes collègues: une nouvelle mêlant l’histoire de Paris et le fantastique…

Lecture: La Transparence des choses – Nabokov

Ma lecture

Je viens de finir la lecture de La Transparence des choses (Transparent Things, 1972) de Nabokov. Selon moi, c’est un livre qu’on lit moins dans pour entrer dans une histoire que par la question existentielle qu’il pose (un grand livre pose toujours une question existentielle sans pour autant y répondre, il s’agit d’une porte ouverte non d’une littérature de prescription) : s’il fallait que je résume ce qui est raconté, je ne suis même pas sûre que je le puisse… Il y a un personnage écrivain qui raconte trois souvenirs importants de sa vie, et notamment son idylle unilatérale avec une femme froide et volatile. La quatrième de couverture dit : « Alors que le taxi qui l’a amené de Trux à Witt s’arrête devant l’hôtel Ascot, Hugh Person, éditeur américain entre deux âges, évoque ses trois séjours précédents dans cette minable station des Alpes suisses. Le premier, dix-huit ans plus tôt, a été marqué par deux événements tout aussi lugubres dans son souvenir : la mort de son père et sa première expérience sexuelle (avec une prostituée). Quelques années plus tard, invité à se rendre une deuxième fois en Suisse pour travailler avec un écrivain célèbre, Mr. R…, Hugh rencontre Armande, fille capricieuse d’un architecte belge et d’une Russe exilée, et tombe éperdument amoureux d’elle. Un meurtre, de nombreux cauchemars, une fructueuse entrevue avec un psychiatre et quelques incendies réels ou rêvés complètent la trame de ce voile transparent à travers lequel brille le passé… ». C’est bien faible pour décortiquer les différentes couches qui cachent la transparence des choses dans ce roman. Dans son essai Nabokov ou la cruauté du désir : lecture psychanalytique, Maurice Couturier écrit : « Nabokov a une confiance sans bornes en sa capacité à débusquer les faux-semblants ; il sait le fin mot des désirs humains, lesquels se dissimulent derrière une infinité d’écrans plus ou moins légitimés par la société, il s’ingénie à nous faire découvrir les mille et une facettes des choses tout en nous invitant à ne pas nous laisser piégés par les préjugés, les religions, les philosophies ou les modes intellectuelles de tout acabit » [Maurice Couturier, Nabokov ou la cruauté du désir : lecture psychanalytique, Editions Champs Vallon, 2004, p. 328].

Peut-être est-ce moi qui n’ai pas porté beaucoup d’intérêt à l’histoire en elle-même ou peut-être était-ce la volonté (en ce cas donc accomplie) de Nabokov, tant je me suis laissée happer par le flux existentiel qui traverse ce court roman (157 p.). Car ce qui est dit là, à travers le personnage, c’est un état de vie humain, quelque chose d’universel. Le titre montre bien l’importance de cet état : le personnage – que Nabokov a choisi d’appeler justement Person ( il n’est personne en particulier mais bien une essence de vie) – révèle le caractère fuyant et insaisissable de la vie. Il va au-delà des apparences dans un constant brouillage entre la personnalité floue de Person et celle du narrateur/auteur : les deux points de vue se confondent bien souvent dans un « je » (jeu) empirique. Et, le plus souvent, c’est d’ailleurs le narrateur qui établit l’aspect matériel des choses tandis que le personnage révèle ce qui se cache derrière les choses. Ce qui m’a happé immédiatement, ce sont aussi les fulgurances de flux existentiels, ces envolées poétiques à partir de détails que la vision du personnage décortique sur l’instante. Nabokov explicite le système de personnage/entité à la fin du roman : « Toute sa vie, nous avons plaisir à le noter, notre Person avait éprouvé la curieuse sensation […] qu’il existait derrière lui – quasi à son épaule – un inconnu plus grand, incroyablement plus sage et plus fort que lui, qui lui était moralement supérieur. C’était en réalité son principal « compagnon ombral » […] et nous ne nous serions pas donné la peine de parler de notre cher Person s’il n’avait été suivi de cette ombre transparente » (p.149). Ce dédoublement de la personnalité, cette fragmentation de l’être n’est pas sans rapport avec ce dédoublement dont parle de nombreux écrivains (et que je crois moi-même profondément) entre la personne qui est en train d’écrire physiquement et cette entité qui utilise sa main pour lui dicter ce qui est à écrire, une sorte de possession donc, qui dépasse la personne, ne se borne pas aux limites d’un corps ou d’une conscience mais englobe quelque chose de plus d’universel, est une evanescence.

Ce roman, lorsque nous le refermons, nous laisse déstabilisés, désincarnés, comme si nous avions, avec Person, traverser la transparence des choses pour nous désolidariser de la matière.

L’auteur

Vladimir Nabokov (1899-1977) est un écrivain (romancier, poète, traducteur et critique littéraire) russe surtout connu pour son roman Lolita qui défraya la chronique à sa parution puisqu’il met en lumière la relation passionnelle et hautement sensuelle de Humbert Humbert pour une lolita de douze ans. Pour se présenter, Nabokov dira : « Je suis un écrivain américain, né en Russie et formé en Angleterre, où j’ai étudié la littérature française avant de passer quinze années en Allemagne. Je suis venu en Amérique en 1940 et j’ai décidé de devenir citoyen américain et de faire de ce pays mon foyer », c’est dire le nombre d’influences et de fragments divers qui ont pu influencées la plume de cet écrivain.


Vladimir Nabokov, La Transparence des choses, Ed. Gallimard, Folio, impr. 2002, cop. 1972, 157 p.

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