Participation à un concours de nouvelles libre

Participation à un concours de nouvelles avec un sujet libre! Ah liberté! Si ce concours intéresse certains, vous avez encore jusqu’au 28 février 2015 pour déposer vos textes 😉

Pour ma part, j’ai choisi de réhabiliter un texte dont j’avais déjà fournis un premier jet il y a un an et que j’ai repris, réécris, étoffé pour l’occasion.

Cette nouvelle a en fait sa petite histoire: avant de créer ce blog, j’avais créé une page Facebook L’écho scriptural, toujours d’actualité, sur laquelle je publiais surtout des informations de type actualités littéraires ou partage de liens sur l’écriture. J’avais lancé un jour un petit concours en proposant aux gens de laisser un mot en commentaire révélant  ce que représente la lecture pour eux et, à partir de là, j’écrirais un texte rassemblant les mots proposés. J’avais reçu une dizaine de mots qui m’avaient beaucoup inspirés et avais écrit un petit texte de quatre pages autour de la lecture. Voilà pourquoi j’ai voulu donner une nouvelle vie à ce petit texte et en faire une nouvelle plus travaillée: c’est un peu aussi une façon de remercier ces personnes qui m’avaient offerts leurs mots, rendre hommage à cette émulsion quotidienne que permettent les échanges entre les gens, les échos, les résonances…

La nouvelle s’intitule Toi qui passe ici, à suivre…

Réglement du concours

Mettre son nez partout: bibliographie sur l’écriture

Sur ce blog, vous trouverez une nouvelle page qui présente une bibliographie de livres et films qui parlent d’écriture, pourquoi cette page?

On dit: à quoi bon lire des livres qui parlent d’écriture? C’est un peu auto-centré non? A quoi bon connaître le processus qui accompagne l’accouchement des livres, ça n’intéresse que les écrivains pour qu’ils se congratulent entre eux?

Pas du tout! Il ne s’agit pas de se congratuler ou de s’auto-baiser la main mais plutôt de partager une expérience de vie qui, comme toute expérience de vie, a besoin d’être dite, partager, reçue. On apprend beaucoup par les livres, on fait de multiples expériences, on a l’impression d’avoir vécu milles vies.

Et puis, partager son expérience d’écriture, c’est comme écrire un livre sur l’accouchement: tout le monde ne sera pas amené à accoucher dans sa vie mais il faut bien savoir comment les choses fonctionnent. Voici ces auteurs qui nous parlent de leur accouchement, dans ce qu’il a de personnel mais surtout d’universel il y a là quelque chose de la vie, de l’humain, une essence)…

Voici une bibliographie de mes lectures personnelles prises ça et là au gré des rencontres, des lectures, des rebonds, de ces écrivains qui parlent d’écriture, la questionnent, la triturent, questionnent donc également la vie, les processus de connexions aux autres, la création.

Cette liste est vouée à s’étendre, et elle est bien sûre hautement subjective et connectée à ma propre expérience de lecteur. Je la présente par ordre alphabétique, et, sans jugement de valeur, laisse se côtoyer ici les auteurs reconnus comme des auteurs classiques, des auteurs moins connus ou dont on remet parfois en question la valeur qualitative, mais, selon moi, chacun a son mot à dire et je lis autant des auteurs très classiques que des auteurs dits « populaires »; quelque soit ce qu’on lit, il y a toujours quelque chose à en retirer pour nourrir sa propre expérience.

Les livres que je présente ainsi m’ont personnellement beaucoup apportés tant sur ma réflexion au monde que sur l’écriture en elle-même. Et même si l’on ne saurait se limiter à cette seule bibliographie forcément non exhaustive et qui ne tient surtout pas compte de l’ouverture à la culture et à la lecture de tout œuvre, sur n’importe quel sujet, de n’importe quel point de vue: écrire, c’est avant tout être ouvert, curieux et intéressé par tout et tout le monde; vous pourrez faire entendre votre propre voix seulement à partir du moment où vous vous serez suffisamment gorgés de références, en attendant, engrangez, engrangez insatiablement…

Un écrivain est un avant tout un lecteur ouvert et éclairé.

Je vous fournis la bibliographie sans trop de détails, j’essayerai, au fur et à mesure de faire des critiques plus détaillées (lien à côté de la référence).

Nous sommes tous des Charlie

Au début, je n’ai pas bien compris. J’ai vu défiler une publication d’un magazine que je suis sur les réseaux sociaux (je crois que c’était les Inrocks ou Rock & Folk). Je ne suis jamais très au fait de l’actualité mondiale, nationale, voir locale, non par désintérêt complet mais parce que j’ai tendance à rester en marge de tout cela (je suis apolitique, areligieuse – comme disait Wolinski dans un documentaire que j’ai vu hier soir: il faut avoir une certaine distance sur la politique pour pouvoir représenter le monde avec humour, je crois que c’est aussi vrai pour les écrivains: il faut avoir une certaine distance sur la politique et la religion pour pouvoir saisir son caractère objectivement et le représenter) un peu par égoïsme, pour me protéger, pour ne pas être assaillie par toutes ces horreurs qui nous côtoient quotidiennement et aussi de tous ces battages médiatiques débilisants (notamment le JT télévisé). J’avoue que c’est une sorte de faiblesse, une sorte de fainéantise peut-être également mais aussi parce qu’il y’a déjà tellement de choses qui entravent la vie que j’ai décidé (une sorte de valeur personnelle) de rester un peu en marge de tous ces événements politiques, sociétaux et religieux. Certains écrivains ont été très engagés, très ancrés dans leur monde et dans leur société, ce n’est pas mon cas et ce n’est de toute façon pas de ça que je parle dans mes écrits, je laisse ce soin à d’autres qui le diront beaucoup mieux que moi et s’engageront dans cette voix/voie.

Mais comment passer à côté de cet évènement-ci? J’ai vu défiler les mots « attentat », « entrave à la liberté de la presse », « 12 morts » sans vraiment réaliser. « Morts », « attentats », « meurtres », ce sont des mots qui sont devenus tellement communs finalement, tellement fréquents qu’ils deviennent en fait passe-partout, qui perdent de cette violence qu’ils ont en eux dans les mentalités des gens. C’est un quotidien qu’on côtoie sans vouloir vraiment lui accorder trop d’importance non plus au risque (comme il arrive à certains) de vivre reclus chez soi et de ne plus oser nouer de relations sociales. On préfère essayer de croire encore qu’il peut y avoir des bonnes choses dans les relations humaines, on a besoin de le croire parce que c’est vrai aussi, à une petite échelle; si on regarde le monde de façon plus globale, la situation est moins reluisante; alors, pour ne pas désespérer, pour ne pas baisser les bras, on a besoin de voir ce qui nous entoure avec une certaine bienveillance, pour pouvoir se dire aussi que si on est bienveillant avec ceux qui nous entourent, eux pourront être bienveillants à leur tour avec d’autres, et que de fil en aiguille, avec le temps (très longtemps peut-être), l’humanité se transmette et se préserve.

Et puis, j’ai reçu un message d’une amie: « Tu as vu l’attentat de Charlie Hebdo? Je suis malade… ». Alors j’ai regardé d’un peu plus près: comment ça un attentat au siège de Charlie Hebdo? Comment ça des morts pour des idées? « Mourir pour des idées, d’accord mais de mort lente »!. Choquée par les morts (journalistes, policiers, dessinateurs renommés) que je découvrais sur mon mur, je me suis tout de suite demandé aussi, de façon plus empirique: comment ça, on s’en prend à la liberté de la presse? Et donc à la liberté d’expression? Et donc à la liberté individuelle? Comment ça, on s’en prend à l’humanité? Être humain, n’est-ce pas être libre? C’est là un évènement très fort, un symbole extrêmement puissant: on assassine l’humanité! Zola (et bien d’autres) doit se retourner dans sa tombe. Ainsi, nous en sommes toujours là?! Et on se dit une société plus civilisée qu’il y a un siècle? Mais avons-nous vraiment avancé? Bien sûr, il ne faut pas tout voir en noir, mais comment réagir autrement face à ça: abattement, tristesse, désespoir, colère et terreur… On a beau porter sa croyance en l’humain, en ses capacités, en ses valeurs, en sa créativité, etc (c’est ce qui fonde ma religion à moi), il n’en reste pas moins que le noir est, dans ces circonstances, de rigueur…

Une pensée et un élan d’humanité pour les morts de cet attentat et un soutien à leurs familles…

Je suis Charlie.

En cours d’ébullition (1)…

Alfons Mucha (Gallica)

Journal de bord de mon roman en cours d’écriture Echoes

Voir la suite ou les posts « En cours d’ébullition » précédents: catégorie Journal d’écriture: Echoes – Roman


Depuis un mois – tout du moins, de manière consciente – je commence un nouveau roman. Je dis de manière consciente car en fait, ce roman se construit déjà depuis peut-être plus d’un an sans que je ne le réalise auparavant: c’était des idées par-ci par-là, jetées sur un coin de carnet, brouillées dans les multiples tomes de mes journaux intimes, ou classées sous différents dossiers dans mes fichiers d’écriture.

Et puis, un jour, tout à coup, zoom arrière, plan large, en me couchant, comme ça, sans raison particulière, sans réellement y avoir réfléchi consciemment, le moi-écrivain m’envoie un signal et me fait comprendre qu’il faudrait relier toutes ces idées, tout au moins déjà les disposer pèle-mêle toutes ensemble devant moi pour voir les discussions que ces fragments peuvent avoir entre eux… Et voilà que depuis plus d’un mois, je suis en quête de la collecte de ces fragments et que le lien qui va les assembler m’apparaît petit à petit, par éclaircies dans un brouillard  exquis et violent: celui de la préparation au premier jet de mon nouveau roman auquel j’ai désormais trouvé un nom: Echoes.

Et je me suis dis qu’il pourrait être intéressant pour d’autres de fournir mes réflexions, non pour ce qu’elles ont d’intéressantes en soit et de ce qu’elles révèlent de mon propre projet mais plutôt pour ce qu’elles révèlent du processus d’écriture, en prenant un exemple du particulier qui puisse parler un langage en quelque sorte universel, un peu à la façon de Martin Page livrant sa Genèse d’un roman. Je me dis que ça pourrait être utile à quelques autres écrivains, ou simplement intéressants pour un lecteur de passage.

Je vais donc essayé à partir de maintenant de vous fournir ces étapes de la construction de mon nouveau roman. Je vais tenter de garder l’ordre chronologique pour plus de suivi possible mais je ne le garantit pas car il m’arrive souvent de retomber sur des fragments oubliés dans des cahiers et d’avoir des choses à rajouter, d’avance désolé, mais je crois que la date n’a pas forcément beaucoup d’importance, le propos ici est plutôt de fournir une sorte de carte pèle-mêle de l’écriture telle que je peux l’observer chez moi et qui n’est sans aucun doute pas étrangère à d’autres…

Lundi 1er décembre

Hier soir, en me couchant, des nouvelles idées m’ont traversées l’esprit à propos de mon potentiel futur roman. « Traverser » est un bien petit mot car elles ont été assez tenaces: quelque chose bouillonne et commence à devenir obsessionnel. Je savais que même sans m’y atteler, l’écrivain allait filer la réflexion seul. Je n’ai qu’une idée vague pour le moment: quelque chose d’extrêmement centré sur les personnages, un chassé-croisé de pensées et de perceptions, des personnages chacun représentatif d’un état de vie particulier, des personnages qui gravitent dans le champs de perception du personnage principal (parlera t-il à la première personne…?). Il y aurait le point de vue du personnage sur les autres, démenti ou confirmé par les pensées intérieures des personnages « gravitationnels »… Je pense surtout à la forme que je veux donner à ce nouveau roman: le flux de conscience, les grottes (échos, résonances, dissonances) qui se lient entre les différents personnages; l’ensemble du roman serait l’agglomérat des pensées des différents personnages assemblées en un seul et même flux continu… Virginia Woolf bien sûr… Pour le moment, je vais m’attacher à faire des fiches (pas de ces fiches bien classées et divisées en catégories, plutôt ces fiches fourre-tout où se mêlent les idées sur un personnage, sur son rapport aux autres et aux autres personnages, des détails physiques, des fragments de son histoire, des attitudes…) pour chaque personnage/chaque état que je voudrais représenter…

Et une bonne année à tous !

Panneau décoratif de Alfons Mucha (Source Gallica)

Qu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassés d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père Lachaise… Cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de dire «Bonjour à tous », j’ai mis « Bonne année mon cul». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.

Chroniques de la haine ordinaire de Pierre Desproges