Participation à un appel à textes

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20 janvier 2015, réponse: nouvelle refusée.

Mais les éditions lucifériennes ont tout de même pris le temps de me fournir quelques explications, ce qui est assez rare pour le noter, surtout dans des concours de nouvelles! « Le comité de lecture en est à ses dernières délibération et j’ai le regret de vous annoncer que votre texte « Héloïse » ne sera pas retenu. Nous y avons trouvé de bons passages mais l’esthétique fantastique utilisée nous a semblé trop conventionnelle et l’écriture a peut-être besoin de s’affirmer encore un peu pour susciter le genre d’horreur, de malaise que nous attendons pour cette anthologie. »


Voilà un univers que j’ai toujours côtoyé sans pour autant y entrer pleinement et en toute conscience: le fantastique. Le fantastique? C’est-à-dire ce portrait initial d’un environnement banal dans lequel, petit à petit, interviennent des éléments amenant le personnage/ le lecteur à questionner de plus en plus la réalité qui lui a été donnée pour vraie au début du récit. Loin de relever du gore ou de l’horreur, le récit fantastique ne fait souvent que suggérer une perturbation palpable mais intouchable de réalité jusqu’au point de nous demander ce qu’est vraiment la réalité « réelle », et le récit fantastique de nous poser encore cette question pour achever de nous perturber: mais qu’est-ce qui est réel après tout? Sauriez-vous le dire vous-mêmes?

Ainsi, bien que mes Fantômes côtoient, de façon plus ou moins marquée (et surtout plus ou moins voulue! – c’est le moi-écrivain qui en a finalement décidé) par une inquiétante étrangeté permanente, je ne m’étais encore jamais jetée dans un texte en cherchant à déranger volontairement le réel de mon personnage, à sans cesse me reprendre tandis que je partais dans une narration trop terre à terre en me demandant: qu’est-ce qui pourrait déranger ce quotidien banal? Un véritable exercice de style qui m’a beaucoup amusée en l’écrivant, puis fait moi-même frissonnée lorsque je l’ai lu.

Ainsi est née la nouvelle « Héloïse ». Je viens de l’envoyer ce matin aux éditions Luciférines pour leur appel à textes annuel qui propose aux lauréats la publication de leur nouvelle dans un recueil collectif à paraître au printemps 2015. Le thème était la maison hantée. Le descriptif de leur site ci-dessous:

Après l’aventure Nouvelles Peaux, nous souhaitons continuer de rendre hommage à la littérature fantastique et horreur à travers la publication d’un deuxième recueil collectif. Cette fois, le thème que nous vous proposons est plus général puisqu’il ne s’agit plus de reprendre l’œuvre d’un auteur mais de traiter un motif récurent des histoires terrifiantes : La maison hantée !

Depuis le Château d’Otrante, jusqu’aux slashers modernes du cinéma, la maison est souvent au cœur de l’angoisse. Plus qu’un simple décor, elle est l’habitat d’un être ou personnage malfaisant, un lieu maudit, ou la gardienne d’un passé troublant… Qu’on la représente sous forme d’une cabane, d’un château ou même d’un bâtiment abandonné, la maison de vos nouvelles devra être à la fois décor et personnage-objet clé de l’intrigue.
Laissez aller votre imagination, n’hésitez pas à innover, ni à donner dans du politiquement incorrect ! Tous les genres sont autorisés, la seule règle est de plonger le lecteur dans une nouvelle franchement malsaine.

Un très grand merci à Sylvie qui m’a corrigé (oui il faudra que je vous parle un jour de ce put* d’orthographe! Heureusement, les amies sont là!) de nombreuses fois la nouvelle et donné des critiques très utiles, et le tout en un temps record! Encore une preuve que l’écriture n’est pas ne se fait pas uniquement enfermé dans une pièce à double tour.