Fantômes – Roman

Résumé

Instants de vie captés dans des flux de conscience qui se font écho à travers le temps. Fragments. Temps éclaté et disparate, brouillage de la chronologie. Le manoir Mansfield, seul témoin omniscient au sein duquel se déroule l’histoire sombre et brisée d’Héloïse, 1895, Marthe, 1994, Elisa, 2015. Entre ces trois femmes peu à peu résonnent d’étranges similitudes, à travers le temps. Les murs du manoir s’imprègnent peu à peu. Hanté, il dessine les contours d’une âme dévastatrice. Fantôme. Révéler l’indicible : violences humaines, de la ville, faites aux femmes, faites à soi-même. Expérience humaine dans sa multiplicité intime, à la limite du fantastique sans jamais vraiment y plonger. Fantômes capte les voix de ces personnages dans ces instants où leurs vies semblent être immobiles, jusqu’à ce que tout bascule…

Histoire de Fantômes

Voilà un florilège de textes qui me poursuivent depuis plus de dix ans, des personnages désincarnés, des fantômes, impalpables, insaisissables donc et pourtant tellement présents dans mon esprit qu’il fallait bien qu’ils me jouent encore un nouveau tour. Fantômes a été un recueil de nouvelles, et peut-être le restera-t-il en parallèle de ce roman, comme le miroir déformé, Alice traversant de l’autre côté…

Après des années de réécriture des nouvelles, de remaniements, de critiques (de la part des proches ou de professionnels), Fantômes en est venu à se décider sur la direction à prendre: ce sera le roman. C’est-à-dire qu’on prend les nouvelles qui ont constituées le recueil (et encore pas toutes mais celles qui s’offrent instinctivement), on les fait bouillonner un peu dans la marmite et on voit quelles couleurs en sortent: c’est alors une idée infime qui, petit à petit, au jour le jour mais aussi la nuit, s’épanche, déborde, et un matin, l’écrivant secrétaire se réveille en voyant devant ses yeux se tisser un maillage flou et il sait qu’en se mettant à sa table de travail et en commençant à réécrire (peut-être un peu au hasard au début) un des fragments d’une des nouvelles sélectionnées, d’autres fragments seront interpellés et les fragments s’enfileront tout seul et la trame et la structure du roman peu à peu se fera jour. C’est une marche à tâtons, à l’aveugle, une marche portée par l’instinct, l’intuition et le laisser-aller (on verra bien ce que cela donne, laissons faire).

Et voilà, c’est ce qui a été décidé: Fantômes passe du statut de recueil de nouvelles à celui de roman, mais après tout c’est toujours une histoire de fragments, c’est juste l’assemblage en fait, le packagging (non peut-être plus que cela tout de même!) qui change. Foncièrement les personnages sont là depuis longtemps, fuyants toujours, mais peu à peu, comme se dévoile un paysage au fur et à mesure de la marche, les yeux s’émerveillent, voient de plus en plus loin et les personnages peu à peu prennent la vie qui leur manquait auparavant…