Un critique agacé

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Photo by Brennan Martinez on Unsplash

N. n’est pas parvenu à lire Wish en entier. Il me dit avoir pris le personnage de William en pitié bien qu’il le trouve vide et inintéressant. Le personnage de Lise l’a profondément agacée : elle est égoïste, instable, et ses doutes constants qui ne mènent à rien ! Et son agressivité vis-à-vis des autres et particulièrement de sa propre mère ! Sa virulence quand elle parle de l’enfantement !, me dit-il. Je souris. Je connais très bien les défauts de mes personnages, j’en connais les faiblesses, comme on connaît les faiblesses de ceux qui nous sont proches sans que cela ne nous empêche de les aimer tels qu’ils sont. Je ne sais plus vraiment si j’ai voulu que mes personnages soient ainsi mais je sais qu’ils sont comme ça et que je n’ai plus le droit d’interférer dans leur personnalité.
Automatiquement, je tente de prendre de la distance par rapport à cette critique à chaud. Je commence à savoir qu’il faut toujours tenter de discerner la critique hautement personnelle (un agacement par exemple face à un personnage parce qu’on se reconnaît un peu ou parce qu’on a déjà été victime de ce genre de personne ou pour une multitude de raisons qui ne regardent pas l’écrivain) de la critique constructive qui me permettra de réécrire le roman à la lumière de cet apport objectif ou en tout cas qui m’apporte une nouvelle perception de mon roman.

 

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Photo by Andrew Seaman on Unsplash

Mais je crois que j’ai aussi un peu cherché cette réaction. Ce sourire que me procure la critique de N. n’est pas totalement insouciant. Je voulais qu’on déteste Lise comme elle se déteste elle-même.
Au fil de la conversation, N. mesure un peu plus ses propos et revient sur ce qu’il a dit : William est en fait un personnage intéressant et, en y réfléchissant, il comprend pourquoi il est tant attaché à Lise. Je n’ai pas besoin d’expliquer quoi que ce soit, N. semble tellement perturbé par mon roman qu’il ne sait plus vraiment quoi en penser et il revint encore plusieurs fois, au cours de la soirée, sur ses propos.

 

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Photo by Aditya Siva on Unsplash

Pour ma part, je me délecte en silence de voir ces retournements de pensées s’opérer : ce livre que j’ai porté en gestation pendant quatre ans, vient tout simplement d’accoucher, de se lever sur ses frêles jambes encore pour me pointer du doigt en disant : « Maintenant, laisse-moi un peu faire mon chemin tranquille, je suis capable de me défendre tout seul ».

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