#Extrait 35

L’horloge flamande n’émet plus aucun son, le temps semble figé sur l’instantané d’une pièce où personne ne vivra plus jamais. Le lit trône au milieu, objet inutile, semblant porter une ecchymose, comme chaque élément du reste de la pièce. Les draps n’ont plus été changés depuis l’événement. La poussière a investi la pièce ; l’odeur de la vie a cédé à celle de la décrépitude et de l’abandon.

Le pied du meuble en marbre est brisé. Des touches du piano ont disparu. Le velours du fauteuil s’est aigri dans une teinte cramoisie. Tous ces objets sous un nuage de souvenirs perdus. Les cadres en verre brisés fissurent les visages des êtres lointains, ébrèchent des membres, fendent des sourires à jamais figés. Sur l’étagère, un pot de crème jaunie, un papier officiel – une convocation pour l’armée – dans une enveloppe déchirée sur le haut.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

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