#Extrait 32

La voilà. Elle presse le pas en crescendo, et se heurte à un homme large d’épaule avec un attaché-case. Typique. Elle est nerveuse aujourd’hui, sa démarche est saccadée, névrosée, tremblante. Des poches se creusent sous ses yeux, ses cheveux sont en bataille, signe d’une soirée de déprime finie au vin rouge. Elle a la mine des mauvais jours, ces jours où elle déteste tout le monde. Les gens qui la croisent, la considérant avec trop d’insistance ou ne la voyant simplement pas, ont droit à l’exécution sommaire d’un seul regard. Tous sont la cause de ses maux. Elle ouvre la portière violemment, la poignée résiste, pour cette fois, et s’assied lourdement sur le siège passager. Elle m’examine en tentant de m’offrir à son tour un faible sourire. Elle sait que je sais, que je la connais par cœur et que je déchiffre sur son visage, les signes d’une nouvelle phase de dépression. Et cette œillade insistante est là pour me dire : ne pose aucune question, ne dis rien.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s