#Extrait 25

J’ai fini par quitter cette gare déprimante pour parcourir les rues que nous avions pu traverser ensemble. Je suis en suspens. Aucune conscience du temps : je parle au passé, au présent, plus de futur. Mi-vivante, mi-morte, être inanimé, suspendu par des fils invisibles dans le vide. Au long de mes pérégrinations, je perds toute matérialité, tout intérêt pour le monde environnant, pour moi-même. Je me fous de ce qui peut m’arriver désormais. De ce qui peut advenir de ce corps, je ne ressens plus la douleur. Ce pic de souffrance, trop puissant pour le supporter, a dû déconnecter quelque chose en moi. Plus de signaux. Plus de conscience. Simplement cette quête d’un ressenti immédiat. Stoppant au milieu de la rue, soudainement, je décide de répondre à cette envie d’éphémérité, de combler ce besoin d’illusion, encore une fois, jusqu’à ce que quelque chose à nouveau se passe, jusqu’à ce que mon cœur lâche peut-être, jusqu’à me détruire sans doute, pour me persuader enfin de mon existence palpable, tangible.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

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