#Extrait 24

J’ouvre rarement les volets depuis que ma grand-mère est malade. Elle ne supporte plus la lumière du jour. Elle reste dans son lit, ne peut plus bouger. Je passe la plupart de mes soirées à lui raconter une vie que j’invente pour elle. Je lui trace une existence palpitante, des rebondissements, un travail passionnant, des amis géniaux, des petites amies toutes plus excentriques et vivantes que je ne le serais jamais. Rien de tout ça n’est vrai. Dans mon esprit, se dessine la vie rêvée par l’enfant que j’ai pu être pour elle, il y a si longtemps. J’ai l’impression d’être toujours ce petit garçon isolé sur un banc que sa mère poussait à sortir jouer au parc ; déjà, je restais là, sur mon banc ; et ma grand-mère, m’observant depuis la fenêtre de sa chambre, finissait par venir me chercher pour me ramener à la maison, désespérée par mon incapacité à communiquer avec les autres. Aujourd’hui, c’est moi qui regarde chaque jour le square d’enfant à travers sa fenêtre et je le trouve de plus en plus petit. Mais, ne s’est-il pas passé quelque chose dans ce square, il y a des années ? Je ne parviens pas à me souvenir, vois des flashs, et le corps de cet enfant mutilé me ressemble étrangement.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments…

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