#Extrait 16

William se perd dans cet état de pesante légèreté. Impression de vie, peut-être de mort. Il rigole tout seul : voilà qu’il se met à penser comme Lise, par un enchaînement de mots et de points, saccadés. Le shit et l’alcool font encore effet. C’est même l’apogée. Il passe au-dessus des choses, de cette ville qu’il traverse pour rentrer chez lui. C’est où chez lui ? Il est cinq heures du matin. William est là sans y être. Son corps ne le suit plus, mais l’esprit est alerte ; il aimerait que ce soit le contraire. Mais il apprécie cette déconnexion entre corps et esprit. Ça attenue la douleur, le poids de son absence.

Il rentre chez lui, une fille à son bras. Réalisant tout à coup cette présence à ses côtés, il la fixe un instant comme si elle venait d’apparaître. Toutes ces filles ont le visage de Lise. Il la ramène chez lui, il ne se passera rien puisqu’il n’arrive même pas à bander avec tout l’alcool qu’il ingurgite. Il ne fait plus réellement partie du monde qui l’entoure. Il n’est plus acteur. Le mépris se transforme en indifférence.


Dans cette série #Extrait, je partage avec vous des cours extraits de mes écrits, que ce soit nouvelles (isolées ou dans un recueil), romans (écrits ou en cours), essais, fragments… Ici, c’est un extrait de Wish you were here.

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