#Chroniques musicales : Elliott Smith

All your secret wishes could right now be coming tru and be forever with my poison arms around you. No one ‘s gonna fool around with us. So glad to meet you, Angeles. C’est à l’âge de 34 ans dans cette ville de Los Angeles qui pactise avec le diable (And sign up with evil, Angeles) qu’Elliott Smith est retrouvé mort de deux coups de couteau dans la poitrine. Il semblerait qu’il s’agisse d’un suicide mais même aujourd’hui, plus de dix ans après sa mort, celle-ci demeure assez vaporeuse, tout comme le fût l’univers musical d’Elliott Smith dont on visualise les paysages de détresse voilés d’une fumée continue. Ce song-writer du Nebraska laisse derrière lui sept albums dont deux posthumes aux sonorités folks, acoustiques et urbaines, retraçant le contour d’un pays en perdition. Chez Elliott Smith, tout semble peint d’un gris aux profondeurs infinies, accompagné d’une voix douce, fluette mais grave.

Né en 1969, Elliott est très tôt confronté à un beau-père violent. Influencé par Bob Dylan, The Clash, ou encore les Beatles, il se met au piano et à la guitare dès l’âge de neuf ans et écrit ses premières chansons. À quatorze ans, il emménage avec son père à Portland et connaît ses premières expériences de drogue et d’alcool. Diplômé en philosophie et sciences politiques en 1991, il travaille dans une boulangerie et forme le groupe grunge Heatmiser jusqu’en 1995.

Ensuite, Elliott commence à enregistrer seul avec sa guitare acoustique, sans arrangement, sans autre accompagnement que sa voix et sa guitare pour mettre en musique des textes sur la drogue, la dépendance, la dépression ou encore la trahison. Ces recherches mènent à la création de l’album Roman candle que la petite amie de Smith convainc de proposer à la maison de disque Cavity search records, le patron tombe sous le charme. Elliott se lance donc dans une carrière solo, accompagné de sa seule guitare acoustique, il maîtrise tous les aspects de sa création et signe un univers morbide, profond et enivrant.

Dans son troisième album Either/or, sorti en 1997, Elliott intègre une instrumentation plus complexe avec de la basse, de la batterie et de la guitare électrique. Et c’est également en 1997 que Smith commence à être révélé au public grâce au film Will Hunting (Gus Van Sant) dont il signe de nombreuses chansons parmi ses plus connues : Miss misery et Between the bars. En 1998, il enregistre une version a capella de la chanson des Beatles : Because pour la bande originale de American Beauty.

Smith connaît ensuite de nombreuses périodes de dépression et une dépendance de plus en plus marquée à l’héroïne mais signe tout de même deux albums : XO et Figure 8. Jusqu’en 2003, année de sa mort, Smith travaille sur de nombreuses chansons, des projets avortés, inachevés ou laissés de côté, qui ne paraîtront que de façon posthume. Lors de ses dernières représentations sur scène, Smith apparaît apathique et déconnecté.

Il meurt le 21 octobre 2003, suite à une dispute avec sa compagne Jennifer Chiba. Cette fin énigmatique (la thèse du suicide n’étant toujours pas officiellement reconnue) fait bien sûr vendre et parler de lui ; la famille, héritière de Smith, fait arrangé les dernières bandes d’Elliott pour sortir une compilation posthume intitulée New moon en 2007 et achèvent d’en faire une légende de l’histoire musicale underground américaine, car, à l’effigie de ses chansons sombres et urbaines, ne fallait-il pas que l’art se poursuive dans la vie… ? Toujours est-il qu’on ne se lasse pas de ces balades folks, et encore plus le regard perdu sur un paysage en noir et blanc défilant à travers la vitre d’un train…

 

Cet article est en ligne sur Vinyle actu !

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