Dérails #11

Lisa, place 39, voiture 02, côté fenêtre, place isolée

C’est étrange la sensation qui s’empare de nous dans le train. On voit des paysages défiler devant nos yeux, des lacs tressaillir sous la lumière vive de quelques réverbères, des arbres faire mine de courir plus vite que cette machine de fer.

Nous sommes ici et nulle part, instables.

Bientôt, le soleil embrasera d’une lumière dorée ces paysages de verdure tantôt immobiles tantôt dynamiques. Je lutte pour écrire dans ce train où la lumière ne cesse de s’éteindre et de se rallumer au son du générateur. Envie de rien, nul ressenti, hésitation entre plénitude et transcendance, sentiment de vide. On pense à ce qu’on laisse derrière soi, et à ce qui se dresse à l’avant.

Un visage se reflète dans la vitre : est-ce le mien ou celui d’une autre ? Je ne sais plus vraiment. De nouveau ballottée entre deux flots, deux rives, sans savoir où accoster. Sensation d’un potentiel choix : une autre voie, une autre vie. Impression de pouvoir enlacer l’ensemble du paysage en une seule étreinte.


Chaque semaine, découvrez un nouvel épisode de ma nouvelle « Dérails »

Les épisodes précédents ici.

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