Dérails #5

Lucie, sur le quai
J’aime pas ce moment. Au démarrage du train, il emmènera mon amour, je verrai son visage s’éloigner. Et puis attendre que le train ait embrassé l’horizon. Il monte dans le train et s’assied, il m’observe d’un air triste et désolé, il sait que je vais pleurer. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs car je le revois dans une semaine ; mais c’est cette ambiance, ce quai de gare, si froid, si vide d’humanité. Et puis, cette voix perverse me fait sursauter tout à coup pour annoncer le départ du train. Les portes se referment, je les examine, j’essaye de ne pas croiser son regard et me concentre sur les contrôleurs avec leur sifflet, sur les quelques personnes qui, tout comme moi, cherchent des yeux un point fixe pour échapper à la fatalité du départ imminent, pour ne pas flancher tout de suite. Alors, la première secousse fait frémir l’engin et mes yeux rencontrent soudain les siens, comme pour l’empêcher de partir, le retenir. Il pleure aussi. La machine démarre, je cours après sans pouvoir me contrôler mais le train est déjà trop loin et j’arrive au bout du quai… Au revoir.

Chaque semaine, découvrez un nouvel épisode de ma nouvelle « Dérails »

Les épisodes précédents ici.

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